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La salle de bains est de moins en moins une salle d'eauFace aux enjeux environnementaux, la salle de bains 2008 relève le défi et fait de l’économie et la gestion de l'eau un moteur de l’innovation. Des progrès qui touchent tous les domaines, de la robinetterie aux cabines de douches en passant par les baignoires balnéo et les WC. Quatre pistes pour faire d'importantes économies d'eau.93% des Français de plus de 20 ans se déclarent concernés par les problèmes environnementaux*. Parmi les sujets sensibles, la question de l’eau arrive en priorité et plus des 3/4 des ménages font attention à leur consommation d’eau**. Avec des besoins de l’ordre de 150l/jour/habitant en moyenne, une population française en hausse et nombre de problèmes de pollution de l'eau non encore résolus, l’eau devient de plus en plus rare et précieuse et par conséquent coûteuse***. Comme le Grenelle de l’Environnement l'a rappelé fort opportunément en novembre 2007, l’objectif est donc de maîtriser, à titre individuel comme collectif, les dépenses, une nécessité écologique autant qu'une nécessité économique.
publicité Premier axe : le recyclage Une piste, déjà expérimentée depuis quatre ans en Allemagne, par Pontos, filiale de Hansgrohe, est l’application d’une tarification de l’eau usée à traiter en fonction du volume, qui viendra s’ajouter au paiement de l’eau à l’entrée de la maison. Le procédé développé par Hansgrohe, entièrement automatique "permet de récupérer les eaux savonneuses, sans aucune adjonction de produits chimiques", explique Jean-Claude Toniutti, responsable marketing de la marque. "Les eaux se déversent dans une machine à trois cuves où elles subissent successivement un traitement biologique par aérobie, un deuxième cycle de brassage par intermittence et une désinfection finale en passant à travers une lampe UV. Les 600l d’eau récupérée, propre à 99%, peuvent servir ensuite pour l’eau des toilettes, la machine à laver le linge ou des utilisations domestiques (nettoyage des sols, arrosage des plantes, lavage de la voiture...). Moyennant une dépense électrique de seulement 20 à 30€/an, l’installation (coût 4.239€), qui contribue à réduire la facture d’eau de 40%, s’amortit entre 7 et 10 ans", dit-il. Seconde piste : l'économie lors de l'usage La douche bénéficie d’une image plus écologique que le bain car elle consomme environ 2,5 fois moins d’eau (60 à 80 litres contre 150 à 200 litres environ). De fait, il se vend désormais plus de receveurs que de baignoires (850.000 contre 716.000 en 2007 - Source FISB), l'intérêt des clients se portant de plus en plus sur les cabines hydro (+13%) et les colonnes (+22%). La volonté d'économiser l'eau devrait renforcer ce marché. En effet, "elle est très économique en eau tout en offrant des massages verticaux aussi efficaces que ceux procurés par la balnéo", assure Florence Pertosa, de Prestige Sanitaire. Economique car le fonctionnement de ces cabines s’appuie sur une réserve d’eau mitigée dans le receveur de 40l environ, aspirée par une pompe et filtrée avant d’être propulsée par les buses avec un débit très puissant (300l d’eau/minute). Au final, la dépense totale d’eau pour une douche avec un supermassage de 10 minutes n’excède pas 70 à 80 litres, soit la consommation d'une douche 'normale'. L'innovation est clairement axée sur l'économie. "En plus des douchettes latérales et dorsales, nous avons enrichi notre cabine d’une colonne inox équipée de 450 perforations qui fonctionnent en circuit fermé. De son côté, le receveur ne mesure plus que 20cm de hauteur (au lieu de 40 sur les anciens modèles), ce qui permet de le poser en semi-encastré, presque au ras du sol, pour un meilleur résultat esthétique", précise Jean Michel Henninger, directeur commercial de Jedo, leader du marché. Mieux encore, la cabine ‘Kinedouche 2000’ de Kinedo promet l’efficacité d’une thalasso à domicile, avec seulement 20l de consommation en mode hydromassage grâce à la recirculation. La baignoire balnéo n'est pas en reste comme en témoigne Eric Marchand de Grandform : "La balnéo est fondée sur un système qui réinjecte l’eau du bain ; fonctionnant en circuit fermé, elle utilise le même volume d’eau que pour un bain normal", dit-il. Ce qui n'empêche de nouveau modèles - dont le ‘Enka 4’ de Prestige Sanitaire - d'être désormais dotés d’un socle compact à récupération d’eau. "Elle peut tourner plusieurs heures d’affilée, avec 200l d’eau, recyclée et refiltrée en permanence", assure-t-il. Troisième piste : l'arrivée d'eau Objets d’innovations technologiques incessantes, les mitigeurs limitent au strict minimum les dépenses en eau. Selon les fabricants, leur commande unique permet de régler en un seul geste le débit et la température, d’où une consommation réduite de 10 à 20% et jusqu’à 40% pour les thermostatiques fournissant l’eau à température préréglée. "Nous sommes particulièrement concernés par ces problèmes. Nous avons mis au point sur nos thermostatiques une nouvelle cartouche qui autorise des réglages quasi instantanés, dans un temps de réaction record de 0,3 seconde. Cela permet jusqu’à 50% de consommation en moins", soutient Corinne Colson, responsable marketing produit chez Grohe. Autre axe de recherche : réduire le débit tout en offrant le même confort d’utilisation. Les exemples abondent y compris chez les marques à diffusion plus modeste comme RAF qui qualifie d’"engagés et responsables" ses deux nouveaux mitigeurs, dont l'un, ‘Fles’, "permet, d’un seul geste sur le levier de réduire le débit d’eau de 75%". Sur le même créneau, les mitigeurs de Swadling n’utilisent que 0,5 bar de pression au lieu du 1 bar habituel. "Tous nos systèmes demandent un débit moins important ; vraie prouesse technique, nous sortons un modèle ultra mince, ne mesurant que 48mm d’épaisseur, ce qui permet de l’installer sur une cloison fine de 5cm en placoplâtre", assure pour sa part Raymond Parian, agent pour la France de Swadling. Hansgrohe dote aujourd'hui l’ensemble de ses mitigeurs d’un joint spécial hydrogonflant, ‘Waterdimmer’, qui s’adapte automatiquement à la pression et au débit d’eau pour un résultat de 7l/minute. Représentatif, le système ‘Green’, qui équipe sa douchette ‘Chrometa 85’, fonctionne à 6l/min (au lieu de 13l/min pour une douchette standard). Ce n'est pas tout. Les fabricants l'assurent, l’avenir est aux mitigeurs électroniques temporisés, c'est-à-dire équipés de capteurs qui s’ouvrent et se ferment automatiquement dès présentation ou retrait des mains grâce à des cellules photoélectriques. Quatrième piste : les toilettes au régime sec Le rinçage des toilettes, c’est entre 7 et 12 litres d’eau chaque fois que l‘on tire la chasse, un poste de consommation d’eau donc très important pour un foyer. Première solution, le réservoir double chasse qui séduit de plus en plus de particuliers : près de la moitié des ménages seraient d’ores et déjà équipés de ce dispositif. Ce mécanisme double commande à débit préréglé conforme à la norme NF (3/6 litres) permet de réduire de 30 à 45% les dépenses par rapport à un réservoir classique de 9 litres. Des systèmes encore moins gourmands sont annoncés, tel le réservoir à 4 litres sur bati-support de Gébérit encastré dans le mur, combiné à une cuvette suspendue adaptée Villeroy & Boch. Ou le pack WC électrique ‘Pentler 32’ d’Actana directement raccordé à l’arrivée d’eau, qui se dispense de réservoir et n’utilise que seulement 3 litres. Plus radical, l’urinoir à très faible consommation d’eau (Allia), ou carrément sans eau (Porcher, Laufen), arrive chez les particuliers. Le système repose sur une cartouche en matériau recyclable qui fait office de siphon et qui contient un liquide occlusif biodégradable ou sur la présence d’une pierre odorante. Une vraie révolution ! * Etude Gifam/Sofres 2006 Voir également notre album photo : 'En 2008, la salle de bains laisse libre cours à l'imagination'. Christophe Leray |
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