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Construire en parpaings : des arguments "béton"Plus de 7 maisons individuelles sur 10, construites en France, possèdent des murs en blocs béton (ou parpaings). Un matériau, qui bien que donnant globalement satisfaction à tous les occupants de ces habitations, et affichant un excellent rapport qualité/prix, à mauvaise presse. Qu’en est-il exactement ? Revue de détails des arguments de chaque camp."Matériau triste et déprimant, pas très maniable qui aboutit à une uniformité des bâtiments, chantiers polluants, et faibles capacités isolantes", sont les principaux reproches adressés aux parpaings. Des assertions qui font bondir, contre arguments à l’appui, ses nombreux adeptes. Déjà connu dans l’Antiquité et en Grèce (sous l’appellation amplecton), le béton qui, au fil des siècles, a prouvé sa résistance, reste, encore aujourd’hui, le matériau le plus utilisé dans la construction de maisons individuelles. (Lire à ce sujet notre article 'Les avantages de la construction béton'). Une prédominance qui se traduit par quelques chiffres éloquents : plus de 70% de ces maisons possèdent des murs en parpaings, sans parler des planchers, des tuiles et autres accessoires, "made in béton". On peut ainsi construire béton de la cave au grenier. Pour faire face à la demande, les industriels du béton produisent plus d’un milliard de parpaings par an, grâce à des presses fixes, "véritables pondeuses de blocs béton", au rythme d’une pièce toute les deux secondes ! Les 7 familles de blocs béton
publicité "Béton n’est pas un gros mot" La facilité de mise en œuvre, le prix (sans conteste parmi les moins chers), la résistance à la compression, aux intempéries et à l’usure du temps, l’assurance de toujours trouver des blocs béton identiques, (dimensions et finitions) à proximité du chantier (dans un des 400 sites de production répartis sur le territoire français), et d’autres caractéristiques mécaniques (quelquefois discutées) ont fait du bloc béton, en France, la référence en matière de construction. "Le bloc béton n’est pas un isolant, le parpaing doit toujours être associé à un complexe isolant, comme le polystyrène, en plaque de 10cm d’épaisseur, liée avec du placoplâtre à l’intérieur de la maison. Une isolation qui gère parfaitement les différents ponts thermiques y compris ceux du plancher", assure M. Hamel. "Associé à tout isolant, ses performances répondent largement aux exigences de la norme RT 2005". L'isolation augmente l’étanchéité et forme un efficace barrage contre l’humidité (réduisant les risques de moisissures, de condensation et la prolifération de micro-organismes) et le froid. Il existe sur le marché un produit de construction, appelé RTH, dans lequel l’isolant, un bloc intérieur de polystyrène est inséré entre les deux parois de béton. Un modèle qui permet, en une seule opération de montage, la réalisation d’un mur porteur et de son isolation par l’extérieur. La masse du bloc béton lui permet d’afficher des capacités de résistance et de solidité impressionnantes (résistance minimale à la compression de 80 tonnes de charge au mètre linéaire pouvant atteindre 160 tonnes avec certains blocs). "Une masse et une inertie qui expliquent les performances acoustiques et d’isolation phonique, amplifiées par l’isolant, appréciables si l’on construit en zone urbanisée", explique le délégué général de Blocalians, avant d’assurer que "dans tous les cas, le bloc béton soutient la comparaison et reste souvent le plus performant". Hans Hamel précise encore que, pour sa fabrication, le béton utilise principalement des matériaux naturels moulés à froid, la seule énergie ponctionnée à la planète restant celle nécessaire à la cuisson du ciment. "Les distances à parcourir, du lieu de fabrication aux différents chantiers de construction, sont toujours inférieures à 40 kilomètres grâce au maillage très dense du réseau des 400 usines (elles mêmes situées près des carrières d’extraction) de production de parpaings. De plus, en fin de vie, les produits béton sont facilement recyclables", dit-il. "Un vrai Lego" Pour M. Hamel, le bloc béton "peut être comparé au Lego, la petite pierre de votre enfance avec laquelle vous pouviez faire tout ce que vous vouliez". Et de rappeler qu’à ses débuts, le parpaing a connu le succès grâce à sa "modularité exceptionnelle qui permettait toutes les excentricités. C’était le vrai chouchou des architectes qui considéraient le béton comme un progrès colossal aux possibilités infinies". Il est le premier à reconnaître que l’on a construit beaucoup d’horreurs, mais "ce n’est pas une raison pour mettre dans le même paquet, le matériau et les réalisations". Pour illustrer son propos, il rappelle que chez nos voisins belges, toutes les maisons doivent être dessinées par un architecte et que le bloc béton reste de loin le matériau le plus utilisé. Ces architectes se révèlent créatifs et créent, de fait, des modèles originaux qui n’ont pas grand-chose à voir avec les constructions semi industrielles qui fleurissent dans nombre de nos lotissements. Enfin, ultime argument développé par le représentant de Blocalians : le prix. "Pour la carcasse d’une maison (murs, plancher et plafond), le système béton, plus système isolant, sera moins cher de 15 à 20%, pour une performance thermique qui sera, dans le pire des cas, identique à tous les autres modes de construction", conclut-il. |
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