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La mérule : un champignon redoutable, au doux nom de 'lèpre des maisons'La mérule est un champignon. Loin d’être comestible, elle est même carrément indigeste et constitue, de fait, un véritable fléau. En effet, ce champignon s’attaque aux bois, cartons et livres des pièces humides de votre maison, avant de déguster tout l'édifice, qu'il faut parfois démolir. Explications.Quel est le problème ? La mérule, aussi appelée «lèpre des maisons», est un champignon destructeur qui sévit dans les zones humides, notamment dans l’Ouest (la Bretagne et la Normandie) et le Nord de la France. En effet, la mérule s’attaque aux charpentes et aux boiseries des maisons anciennes, humides et mal aérées, ou des résidences secondaires inoccupées pendant de longs mois et où l'air est confiné. Sa présence dans la maison se trouve renforcée par l’isolation de plus en plus efficace qui se traduit par un moindre renouvellement de l’air, la condensation induite faisant le bonheur de la mérule.
publicité Ce n'est rien de l'écrire. Ce champignon est un véritable fléau dans la mesure où, non seulement il est capable de vouer une habitation à la destruction pure et simple – ce n'est pas une blague - mais il peut aussi envahir des communes entières par le biais des bâtiments mitoyens. Ainsi, des communes victimes d'inondations peuvent se retrouver, quasiment du jour au lendemain, littéralement infestées. D'autant que cette horreur voyage aisément : l’homme, le vent et les insectes sont des vecteurs qui permettent ainsi aux spores, qui se logent dans les plinthes, les planchers, les cloisons et les plafonds dans les pièces humides, d’infester une région. Cela dit, dans une maison bien conçue, bien construite, bien entretenue et bien aérée, la mérule n'a aucune chance, sinon il n'y aurait plus une habitation debout en Bretagne. Quelle est la réglementation en vigueur ? Selon la Cour d'Appel de Rennes, la responsabilité d'un agent immobilier est engagée quant il manque à son obligation de conseil en n'informant pas un acquéreur du risque d'infestation par la mérule, "dans une région où ce risque est manifeste". Cela vous sera d'un piètre secours en cas de découverte tardive d'une infestation. En revanche, le propriétaire vendeur d'un bien dans une telle région est tenu de fournir un certificat de non infestation parasitaire. Il vous faut donc, impérativement, le demander. Attention une expertise n'est valable que pour quelques semaines (deux mois généralement) ; donc si le certificat date du siècle dernier, la méfiance est requise. Attention, dans certaines régions, le propriétaire de l’immeuble a l’obligation de signaler toute attaque de mérule en mairie ou à la préfecture. Quelles sont les solutions ? Lutter contre la mérule est possible dès son apparition, à condition de s’en rendre compte, au moyen de piquetage des endroits infectés, des enduits, des ciments et d’une aération préalable à l’étape de pulvérisation. Une fois la mérule morte, il faut se débarrasser des bois suspects, attaqués par les spores, et les remplacer par des neufs, reconstruire les murs disloqués, stériliser tous les autres au chalumeau et injecter des produits fongicides. Ainsi si la maison peut être sauvée, les dégâts peuvent être considérables et le traitement difficile. Cependant pour prévenir l’apparition de ce champignon, friand de cellulose, il faut commencer par éviter de laisser dans des coins humides cartons, bois et livres. Malheureusement, lorsque toutes ces précautions n’ont pas été prises et que toute la boiserie est attaquée, la seule solution est parfois la démolition, les matériaux devant alors être brûlés afin d’éviter que la mérule ne se déplace chez le voisin. En tout état de cause il est fortement recommandé aux futurs acquéreurs d’un logement de prendre des précautions avant l’achat de la maison pour savoir si elle n’est pas infectée car c’est souvent à l’occasion de travaux de rénovation que le champignon est découvert. Enfin, à noter qu'un traitement préventif, à un coût bien moindre qu'un traitement curatif, est disponible et permet d'éviter de futures déconvenues, la meilleure prévention restant encore l'entretien et l'aération de vos locaux Qui s’occupe des travaux ? L’éradication de ce champignon est réglementée et seules des sociétés spécialisées peuvent intervenir. En effet, non seulement faut-il purger le bois dégradé mais aussi sonder sa résistance mécanique. Le choix d’une société de traitement qualifié agréée par le centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA) offre d'une part une garantie du respect des prescriptions techniques pour le traitement du bois et, d’autre part, l’emploi de produits certifiés par le CTBA dont "l’efficacité et la sûreté ont été contrôlées et conformes aux normes en vigueur". Le site du CTBA : www.ctba.fr |
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